Les Histoires de Pti’ Biscuit

 

Des écrits au fil de l’eau…

 

 

14 Janvier 2012.

 

Ce sont mes pas qui m’entraînent, qui me tirent vers ce soleil, source de vie, de mes espoirs. Entre le bruit et les voitures je me faufile, ne regardant à peine autour de moi les gens qui se promènent par ce samedi d’hiver. Dans mon esprit il n’y a rien d’autre que ce but ultime : sentir sa chaleur sur mon épiderme, légère, frémissante, et tant désirée.

Je suis en retard, j’ai un rendez-vous avec le soleil.

Et lui ne m’attendra pas. Au détour d’une rue, d’un carrefour, de ce café qui vomit sa terrasse humainement saturée sur les pavés, il me surprend. Il m’enlace de ses puissants bras, et m’embrase. Je me fige et ferme les yeux, ne prêtant pas attention aux gens que je gêne. Il est tellement bon de sentir son étreinte, son souffle chaud dans ma nuque, et ce frisson délectable le long de mon échine.
Puis la raison se réanime, il me faut une place plus proche de lui, une place où je pourrais m’abandonner à son sourire. Sur le muret du pont, le dos contre le lampadaire qui le surplombe, je ferme les yeux, me tourne vers lui, et me laisse aller.
Le bonheur est là, à portée de mes doigts fébriles. Sur ce pont, parmi cette foule qui, tout comme moi, est venue chercher là, les derniers rayons de l’astre diurne. Tous emmitouflés dans nos manteaux d’hiver, nous nous croisons sans prêter attention. Je me sens en sécurité, au bord du vide, à sa portée. En vie. J’aime tant sentir son emprise sur moi, au-delà de l’envie, le besoin de me serrer au creux de sa chaleur. C’est un sourire serein qui fend mon visage.

Ma crinière s’enflamme à sa vue, comme si elle exprimait cette nécessité de le voir, me remplir de son énergie. Une jeune femme rousse, assise sur un muret, enroulée dans son long manteau noir, rêve les paupières closes, à d’autres horizons. Le visage baigné par le soleil, elle revit.

Mais il est 17heures, et il disparait déjà derrière ces bâtiments que je me surprends à haïr pour interrompre ce moment parfait de bonheur éphémère.

Il est temps.

 

 

Print Friendly, PDF & Email

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *